« Je ne sais pas l’art d’être clair pour qui ne veut pas être attentif .»
Rousseau, Contrat social.
Libellés : littérature
"Ne serait-ce pas une monarchie absolue, lorsque tout l’essentiel est fait en secret par un cabinet, tandis qu’avec pompe un parlement peut parler et discuter officiellement des formes ? Dans ce cas, une monarchie absolue pourrait fort bien avoir une sorte de Constitution, qui pour les sots n’aurait pas de mal à paraître républicaine."
Fragments de l'Athaeneum, 1798.
Fragments de l'Athaeneum, 1798.
Libellés : littérature
Soupape. L’appel d’air qu’on souffle en un soupir. On ferme les yeux, mais ça ne se voit pas. Puis on attend de se refaire un corps architectonique qui tienne la carcasse de ses forces vives. Mal au dos quand même à me tenir ainsi assise sans tenue et toute aspirée par les touches muettes. J’attends que les tendons entre mes chairs me rappellent leur départ de vie, parce que là, je n’en peux plus de ces froissements de doigts oublieux de leur vitesse et de leur formidable attachement au reste. C’est monstrueux de s’oublier ainsi soi-même et d’oser écrire cela, reste. Est-ce le reste qui prend l’initiative d’ouvrir les vannes et d’avancer ailleurs sur le papier pixel, et quel voie peut-il bien explorer, ce reste qui appelle et crie et me pince les vertèbres pour me réveiller, où plutôt me tirer, depuis son propre sommeil, vers ses différentiels de vie, déplacements vivaces de l’être en le reste de ce corps qui tient tout seul et sans égard, qui remue à tout petit feu entretenu d’oubli ? j’ai honte de l’abandonner ainsi quand les pieuvres n’écrivent même plus pour elles. On appelle cela du travail. Les pieuvres travaillent d’arrache-ongle, mais j’ai bien peur que ce soit en vain. Qu’est-ce qu’elles peuvent bien agréger à s’évertuer ainsi contre le délai de leur propre mouvement ? Toute autre tâche, je dis bien toute autre, me les rendrait plus aimables. Toi, tu as trouvé, tu roules loin, tu t’enfonces dans les non-lieux et tu reviens toute embuée de joie, réchauffée au vent de ta vitesse entière et dépliée, fraîchie de toi-même, tout près, tout près de toi et partout en tes muscles fourmillant. Des escarbilles dans les yeux, et le souffle souverain. Tu prends le livre, et tu t’y loges à nouveau, le crayon alerte et griffu. Le mien me tombe haut des mains.
Libellés : texte
Qu'est-ce qu'il faudrait écrire aux pères - comment s'adresse-t-on a eux, et depuis quelle langue, depuis quel pays ? Comment est-ce que l'on parle à ceux qui ont enfanté, semé, oublié - ou pas. Quels mots doivent rejoindre tous ceux que l'on se promet un jour de dire.
Il y a toutes ces lettres posées en pile en bord de bureau, en bord de dossier, sur le seuil de notre et de vie et de la sienne, lettres écrites - ou presque - lettres renoncées -mais pas vraiment - toutes ces piles de paroles qui attendent - on ne sait trop quoi - accumulée en tas au bord de ma mémoire
Toutes ces lettres écrites ou qu'il faudrait - lettres pour le futur d'échange
Comment est-ce que l'on parle aux pères - ne serait-ce le singulier rien ne serait aussi simple. Comment on s'approche d'eux ...
Comment les gestes simples, les propos anodins même ceux là on ne sait
Qu'est-ce que l'on peut dire dans la croisée d'une rencontre abstraite
Alors je vous demande comment s'adresse-t-on, sous quelle loi on s'y trouve
J'avais cru bien faire en lisant Kafka, il n'y a eu que le vide du règlement de compte - pas le prêt-à tout-faire pour ouvrir cet espace des pères (qui est pays lointain)
Qu'est-ce que l'on dit - quand on croit que la date approche
Sous quels visages on peut se retrouver semblable avec un père - ou deux -
Comment on tend la joue pour la bise se glisse, comment on mange ensemble en face au restaurant comment on tend la main pour se dire au revoir, comment on parle de rien de tout et sans y croire comment on se contente - et qu'on s'en réjoui - de prendre seulement avec un père - ou trois - le temps d'une ballade en plaine
Est-ce qu'il y a un sentier qui y mène, une route secrète que l'on m'aurait cachée, est-ce qu'il y a un fleuve à descendre - retordre, dévaler qu'importe - pour revenir dans les flots - où est-ce qu'ils sont ces putains de territoires reculés - ces terres vaines - Ta voix a dit tout prêt - mais s'est tue quand il fallait parler
- un jour on y viendra - ce que tu as dit - me le suis imaginé tout du moins
Est-ce qu'on en sort un jour de ces figurations
Est-ce que l'on finit vraiment sous des histoires de pères
Libellés : texte
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